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| Par Christine Le Doaré |
Exprimer son opinion, fourbir ses arguments,
dialoguer, c’est sain. En revanche, désinformer, manipuler, diffamer,
calomnier et brutaliser, c’est grave et ce n’est pas sans raison.
C’est vrai, la question de la prostitution génère
crispations et passions déraisonnées. Oui, mais pourquoi ? Il n’est plus
temps de constater, mais bien de comprendre et dénoncer les enjeux
véritables de la prostitution. Ces enjeux éclairent les comportements
des activistes réglementaristes, qui emploient des méthodes discutables
pour parvenir à leurs fins.
Système prostitutionnel et système patriarcal, un combat féministe :
Il est raisonnable de penser qu’une société construite sur la
domination masculine s’est arrangée pour garantir aux hommes, l’accès
aux corps de femmes aux fins de soulager plus que des « besoins
sexuels », des besoins de domination. La prostitution n’est pas récente,
gageons que sans le rapport de domination séculaire entre les femmes et
les hommes, elle n’aurait jamais existé. En effet, même si 20% des
prostitué-e-s sont des hommes, les clients eux, restent à 99% des
hommes. Comment parvenir à une égalité entre les sexes tant que les
hommes pourront se passer de relations égalitaires et forcer en le
payant, le consentement d’une femme – ou d’un homme d’ailleurs – ?
Tant qu’une seule femme reste sexuellement
accessible, non pas par désir, mais parce qu’elle fait commerce de son
sexe, elle suggère que toutes les femmes pourraient en faire autant et
compromet l’avènement d’une société d’égalité. Les tenants de la
réglementation de la prostitution sont le plus souvent, les mêmes qui
réclament la GPA (Gestation pour autrui) ; aussi ceux qui, au nom d’un
principe de réalité, distribuent des capote, certes pour éviter la
contamination des prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et
de facto entretiennent et confortent le système prostitutionnel. Il
semble bien, que consciemment ou non, ils contribuent à maintenir les
privilèges du système patriarcal. Que font-ils si ce n’est garantir aux
hommes que les femmes restent et sans aucun danger pour eux, à leur
service, pour baiser, pour fabriquer des enfants, etc.
Les activistes réglementaristes conseillés par les
« ultragauchistes », toujours prompts à brouiller les cartes, ont su
infiltrer le mouvement féministe et convaincre quelques unes que les
« prostitué-e-s sont heureuses et libres » de l’être, que la
prostitution ne disparaîtra donc jamais et qu’il vaut mieux mettre des
pansements sur la gangrène plutôt que d’amputer. C’est vrai, quelques
unes l’ont « choisi », même si de plus en plus d’études le révèlent,
nombreuses sont celles et ceux qui ont subi l’inceste et d’autres
violences sexuelles dans l’enfance. Il y a donc ceux qui en rajoutent
une couche et les encouragent à se maintenir dans le système
prostitutionnel, et les abolitionnistes qui leur proposent d’autres
perspectives que cette forme de thérapie sauvage ; ni
« condescendants », ni « criminels », mais au contraire respectueux et
optimistes. En outre, l’abolition ce n’est pas la prohibition, donc des
prostituées continueront leur activité, mais grâce à la prévention et
l’éducation, leur nombre décroitra si on en croit le bilan des pays
abolitionnistes et surtout, des alternatives seront possibles. La
société pourra avancer vers l’égalité réelle.
Beaucoup de gens se disent féministes, mais si vous
leur demandez s’ils veulent abolir la domination masculine du système
patriarcal, ils vous répondent d’abord que des hommes aussi en
souffrent, qu’il faut abolir les clivages de genres. Oui, quelques
hommes sont victimes, en attendant, ce sont bien les femmes que l’on
excise, marie de force, bat, viole, brule, tue, et massivement. Le
principe de réalité a bon dos quand il ne fait que maintenir
l’oppression. Un des principaux enjeux du système prostitutionnel est
donc bien de constituer l’ultime système de défense du patriarcat.
Seulement voilà, maintenir la domination masculine, n’est pas une option
envisageable et les activistes réglementaristes ne peuvent tout de même
pas dire haut et fort, nous voulons maintenir le système patriarcal !
Ils sont donc contraints de raconter une autre histoire.
Prostitution et système d’exploitation économique et social, un combat socialiste :
La plupart des activistes réglementaristes et abusant des méthodes que
je réprouve, se revendiquent le plus souvent révolutionnaires ou
alternatifs, sont plutôt situés à l’extrême de l’extrême gauche,
certains sont membres des Indigènes de la République, mais curieuse
association, il est aussi possible de trouver dans leurs rangs des
personnes réactionnaires. Les alliances douteuses, sur le dos des
femmes, ce n’est hélas pas rare. Ils se prétendent anticapitalistes,
farouchement opposés à l’exploitation de »l’homme par l’homme ». Mais
très curieusement et par une incroyable pirouette rhétorique, ces
anticapitalistes se transforment en farouches néolibéraux lorsqu’il
s’agit de prostitution. D’un seul coup, ils nous vantent le marché,
valorisent les industries du sexe comme le petit commerce. Les mêmes
discours que dans les écoles de commerce, les joies de la libre
entreprise, de l’offre et de la demande ! Quelles sont les lois de ce
marché, qui fixe les prix, à combien est évaluée une passe dans un
squat, dans la rue, dans une chambre d’étudiant ou un studio de luxe ?
Quels sont les risques physiques, psychiques, comment les prendre en
charge ? Et les bénéfices, on les place en bourse ?
Avez-vous remarqué que les activistes
réglementaristes sont inaudibles en matière de lutte contre le crime
organisé et mondialisé de la traite. Pourquoi ? Parce que l’ouverture
aux marchés industriels du sexe provoquerait la plus grande confusion et
que chacun espère y trouver son compte ? La traite organisée par des
réseaux mafieux est massive et mondialisée. Les bénéfices de la
prostitution sont colossaux, c’est le second marché criminel, juste
derrière celui de la drogue et avant celui des armes. Mis à part le
cannabis, personne ne songe encore à légaliser les drogues ni les armes à
feu en France, mais il faudrait légaliser la prostitution !
C’est-à-dire ouvrir la porte aux mafias, aux réseaux, aux macs en tous
genres, familiaux ou industriels, avec des quartiers entiers de femmes
exposées derrière des vitrines, comme en Belgique. Chouette alors ! Les
pays qui ont réglementé le disent, ils veulent faire marche arrière,
incapables de faire la distinction entre la prostitution libre et
forcée, dépassés par une criminalité galopante. Mais pourquoi,
devrions-nous alors prendre de tels risques ? Parce qu’une poignée de
prostituté-e-s qui se disent « libres » et leurs soutiens nous en
intiment l’ordre ? N’est-il pas curieux d’envisager une politique
publique fonction de la demande d’une poignée d’individu-e-s, ne
devrions-nous pas plutôt nous demander quel projet de société nous
voulons ?
Un second enjeu du système prostitutionnel est bien
de garantir d’énormes revenus au crime organisé. Pourtant, penser une
société pour convenir au crime organisé n’est pas non plus, une option
sérieusement envisageable. Dans ce domaine aussi, on voit mal les
activistes réglementaristes se lever pour défendre les mafieux ni même
revendiquer une petite part artisanale du gâteau, ça ferait désordre ;
ils sont donc contraints de louvoyer.
Ce que ne sera jamais la prostitution :
Le système prostitutionnel qui défend le système patriarcal et les
profits exorbitants des industries du sexe, ne pourra jamais être ni un
métier, ni une liberté.
La prostitution n’est pas un métier,
c’est une violence et même la dernière violence faite aux femmes que la
loi ne punit pas. La peur et les risques de violences sont inhérents à
cette activité qui laisse toujours des traces physiques et psychiques.
Pour s’en convaincre, il suffit d’écouter les anciennes prostitué-e-s
qui expliquent, comme Ulla, qu’il ne fallait pas la croire, si elle
avait regardé la vérité en face, elle n’aurait pas été capable d’y
retourner le lendemain et surtout aurait fait fuir ses clients ; sans
compter celles qui se seraient fait massacrer par leurs macs.
Il n’y a ni école, ni diplôme. Vendre sa force de
travail et subir les lois du marché, en matière de travail physique ou
intellectuel, les rapports de force sont déjà suffisamment durs à
établir, mais vendre ou louer son intimité, faire commerce de son corps,
la société n’a pas à l’organiser, au contraire, elle doit protéger les
personnes vulnérables et interdire ce type de commerce. Bien entendu, il
sera toujours possible de trouver des personnes qui voudront vendre un
organe, faire commerce de leur corps ou même se vendre comme esclave.
Tout comme des femmes cautionnent la domination masculine car un système
d’oppression, quel qu’il soit, a toujours besoin de relais au sein même
des opprimé-e-s. Le conditionnement fonctionne à merveille, la plupart
des femmes sont inconscientes de leur oppression, et pire encore,
certaines vont adopter les comportements de l’oppresseur pour en tirer
un bénéfice immédiat ; elles n’en resteront pas moins en situation de
danger.
Ce n’est pas non plus une liberté.
Une société qui n’a rien d’autre à offrir aux personnes confrontées à
des difficultés sociales et financières, que de vendre leur intimité
sexuelle n’est pas une société civilisée. Victor Hugo a dit « On dit que
l’esclavage a disparu de la civilisation européenne. C’est une erreur.
Il existe toujours, mais il ne pèse plus que sur la femme et il
s’appelle prostitution ». Nos ultragauchistes et activistes
réglementaristes condescendants ne lui arrivent pas à la cheville et
tentent de nous imposer leur « bon féminisme ». On comprend bien que ce
qui les intéresse surtout dans la libération des femmes, c’est qu’elles
soient totalement et en permanence disponibles pour eux. Quant aux
« queers-Trans-PD-Gouines » activistes réglementaristes – euh moi je
suis féministe et lesbienne -, ils prônent une réappropriation
libératrice de la pornographie et de la prostitution. Seulement voilà,
leurs tristes et infantiles productions relèvent surtout de la thérapie
de groupe et n’ont nullement fait la démonstration d’une quelconque
remise en question de la domination masculine, bien au contraire, elles
l’alimentent. Mises en scène, jeux de rôles, artifices, etc. cachent
très mal un manque d’imagination et de désir, parfois même des
souffrances, quand ce n’est pas une profonde aversion de la sexualité.
Une sexualité épanouissante c’est du désir réciproque et libre de tout
rapport de force, de toute contrainte. La sexualité n’est pas un dû,
elle relève de la relation à l’autre, de son désir et de son
consentement. Payer c’est forcer le consentement, payer, en réalité,
c’est violer. La liberté est toujours gratuite alors que l’acte de
prostitution n’a qu’une finalité, l’argent. Se prostituer, par
définition, ne sera jamais une liberté.
En conséquence, au regard des rapports sociaux de
classe comme de sexe, la prostitution doit être abolie. Cette position
n’est ni religieuse, ni morale mais belle et bien politique.
Que signifie le mot abolition et quel est le projet abolitionniste ? :
Abolition, de quoi s’agit-il exactement ? Les réglementaristes accusent
les abolitionnistes d’être pour la prohibition de la prostitution.
C’est facile, la plupart des gens ne font pas la différence. Alors,
disons-le haut et fort, non, l’abolition n’est pas la prohibition, c’est
même l’inverse. La prohibition c’est le délit de racolage passif que
nous voulons abroger, c’est le harcèlement et toutes les mesures
répressives à l’encontre des personnes prostitué-e-s, c’est-à-dire une
double peine dont nous féministes ne voulons surtout pas. Alors que
l’abolition, c’est à l’inverse, la responsabilisation des clients qui
doivent se poser la question des rapports femmes-hommes, de leur
relation à l’autre, de ce que payer veut dire. La responsabilisation du
client est affaire de prévention, d’éducation, de respect de soi et des
autres ; puis de pénalisation pour les récalcitrants. Nous espérons,
qu’avec le temps et non soudainement comme par magie, une grande partie
des femmes qui subissent la prostitution pourront ainsi s’en libérer et
que les hommes qui sont encore dans cette demande pourront évoluer. Nous
espérons pouvoir avancer ensemble, en prenant le temps qu’il faudra,
vers une société plus égale, plus juste et plus libre. L’abolition de la
prostitution est un projet humaniste. Le site abolition 2012 est
public : www.abolition2012.fr
La revendication consiste à demander une loi cadre avec les mesures
principales suivantes : Abolition de toute mesure de répression à
l’encontre des personnes prostituées, politique sociale et de santé,
politique de réinsertion des personnes prostituées qui le souhaitent,
politique de responsabilisation du client, etc.
Des méthodes répréhensibles : Nous
l’avons compris, cachés derrière des enjeux inavouables, ne reste plus
qu’à adopter des méthodes douteuses pour tenter de pourrir le débat et
compromettre les abolitionnistes. Certains n’hésitent devant rien et
osons le dire, leurs méthodes s’apparentent à celles de voyous.
- « Criminaliser les putes ». Un
groupe « 8 mars pour toutes » s’est crée autour de structures comme le
STRASS, Act-UP et quelques autres. La seule revendication qui se
distingue clairement de celle des collectifs qui organisent les
manifestations du 25 novembre contre les violences faites aux femmes et
du 8 mars pour les droits des femmes, porte sur la prostitution, qu’ils
veulent libéraliser et donc réglementer. Pour mobiliser les membres du
groupe, voici le mail qui leur a été adressé : « Un risque de violence
de la part des militantes prohibitionnistes (qui souhaitent interdirent
la prostitution quitte à criminaliser les putes) existe car c’est ce
qu’il se passe depuis 1 an dans les mobilisations féministes où elles
sont majoritaires (pour le moment) ». A l’évidence, la personne qui a
rédigé cette phrase n’ignore rien des véritables positions
abolitionnistes mais préfère mentir et accuser les abolitionnistes
d’intentions qui, si elles étaient vraies, seraient en effet
scandaleuses. La seule violence subie durant la manifestation du 25
novembre a consisté à entendre ce cortège réglementariste hurler :
« Abolo, catho, facho, vous nous cassez le clito » ! En l’absence
d’argument digne de ce nom, ils en arrivent aux injures et à la
calomnie, ils manipulent sans complexe et inversent les rôles ; le plus
curieux c’est que certains y croient. Comment un projet humaniste,
féministe et socialise pourrait-il être associé au fascisme ? Le
collectif Abolition 2012 doit-il porter plainte en diffamation ?
- La contamination au VIH-Sida :
Souvent, vous entendrez les réglementaristes affirmer sans vergogne que
les abolitionnistes sont responsables de la contamination au VIH-sida
des personnes prostitué-e-s et les tuent. Rien que ça ! En réalité, tout
le monde le sait, le seul responsable des violences dont fait partie la
contamination au VIH-sida, c’est le système prostitueur. Les réseaux
bien sûr qui dressent, violent et contaminent leurs victimes, mais aussi
les clients qui baisent sans capote et payent plus cher pour ça. La
prise de risque aussi, renforcée par les menaces et le stress inhérents à
l’activité, par les substances qu’il faut prendre pour tenir. La
encore, qui peut sincèrement croire à un tel argument ? Pourtant, il est
rabâché, c’est énorme, mais ça passe !
- La parole des personnes prostitué-e-s :
Ils accusent les abolitionnistes de parler au nom des prostitué-e-s,
mais quand on leur demande d’écouter et de respecter la parole d’Ulla,
de Rebecca Mott et de toutes les autres, qui dans le documentaire
« L’imposture » http://vimeo.com/16641741
ou dans tous les superbes documentaires d’Hubert Dubois, se dévoilent
et disent librement la mésestime de soi, la peur, le dégoût, les viols,
la dissociation, la sidération, etc., les activistes réglementaristes
leur refusent le droit à la parole. Ils les discréditent et les
invisibilisent, eux qui prétendent parler en leur nom ! D’anciennes
prostituées ont créé un réseau avec un site Internet, un cri, des cris,
leurs cris, des vérités que tant voudraient effacer : http://survivorsconnect.wordpress.com/
Le comportement des activistes réglementaristes est proprement immonde
et pourtant, ça passe quand même et on les croit quand ils professent
que nous instrumentalisons la parole des prostitué-e-s !
Calomnies, discrédit et isolement de personnes représentatives :
« Quand on veut tuer son chien on dit qu’il a la rage ». Le bon sens
populaire, rarement démenti. La pratique qui consiste à discréditer une
personne auprès de ses pairs, à l’isoler pour mieux la neutraliser est
très prisée par les activistes réglementaristes. Beaucoup en ont fait
les frais. En tant que présidente du Centre LGBT Paris, je peux
témoigner, j’ai eu ma part ; vous comprendrez aisément qu’il était
inadmissible qu’une des porte-parole du mouvement LGBT ne soit pas à la
botte des réglementaristes pro-prostitution. Sur les réseaux sociaux,
leurs calomnies diffamatoires sont rabâchées à l’envie et ne différent
jamais, et plus c’est gros, mieux c’est. Jugez-donc : « Faites la taire
cette putain de féministe », etc. A cause de moi, le Centre LGBT Paris
est « exsangue « . Pas de bol, il se porte comme un charme, sorti de
l’ornière de la rue Keller, du dépôt de bilan et d’un taudis qui
menaçait de s’effondrer, installé rue Beaubourg, après avoir recouvré
ses subventions qu’il a depuis multipliées. Il s’est développé avec un
bilan satisfaisant, accueillant chaque année de plus en plus de
visiteurs et offrant des permanences d’aide et un programme culturel et
festif de qualité. Cet été, j’ai passé la main à deux volontaires qui
ont pris la co-présidence et toute l’équipe des bénévoles et salariés
continue sur la lancée. Bref, la réalité, et vérifiable car tous les
bilans financiers, les rapports annuels sont disponibles sur le site
Internet, se heurte invariablement à leurs fantasmes et accusations
calomnieuses. Autre variante, « je ne connais rien à la question du
VIH-Sida et je n’ai rien fait pour lutter contre au CLGBT Paris ». Les
dossiers de demande de subvention pour payer un chargé de prévention à
demeure, maintenir des locaux offrant matériels et brochures de
prévention, tenir des réunions d’information et tout un tas d’évènements
sur le sujet de la prévention au VIH-SIDA mais pas seulement, c’est
sans doute à eux qu’on les doit ! En revanche, vous pouvez en être
certain-e-s, eux ne connaissent rien aux questions de santé lesbienne,
les IST et les cancers qui les touchent, ils s’en fichent. Le VIH-Sida
seul est digne d’intérêt et la stratégie servie par les fonds engloutis
par la sidacratie, elle, n’a pas à être discutée ! Les plus violents
sont aussi les plus velléitaires, eux n’ont en réalité pas fait
grand-chose ni pour le mouvement LGBT ni pour quoi que ce soit d’autre ;
ceci expliquant sans doute cela. Souvent aussi, je suis accusée d’être
« à la solde du PS » et « d’avoir fait carrière « ! Quelle carrière, si
ce n’est de ne pas avoir fait la mienne au boulot, comme j’aurais pu la
faire ? Là aussi la réalité, ils la connaissent, salariée à temps plein
en entreprise en tant que juriste, et présidente élue, j’ai passé
pendant 7 ans, l’essentiel de mon temps libre au Centre où je n’ai
jamais touché un seul centime, bien au contraire, et s’il fallait me
payer le temps consacré à y travailler bénévolement, je serai sûrement
très riche ! Quant au PS, ma liberté de pensé et mon esprit critique
m’autorise à le critiquer quand il le faut, autant que n’importe quelle
autre formation politique. Tout ça, ils le savent, mais s’évertuent avec
un acharnement pathologique à propager rumeurs et mensonges, dans le
but de me discréditer afin de me faire taire. C’est pourtant peine
perdue, leurs calomnies et leurs menaces ne me perturbent pas bien au
contraire, elles me stimulent, mais combien de personnes ont-ils réussi à
impressionner, insécuriser et museler ?
- La dérision et les menaces : Les
abolitionnistes seraient de puritains catholiques qu’il faudrait tourner
en dérision, même les plus athées d’entre nous et même et surtout s’ils
ne connaissent rien de notre vie sexuelle et affective. Il y a aussi
les intimidations et les menaces. La liste est très longue, pour ainsi
dire infinie. Disons-le enfin, ce sont purement et simplement des
méthodes de voyous. Les activistes réglementaristes en abusent à
volonté ; il est amplement temps d’y mettre un point final, d’autant
plus qu’eux, procéduriers à l’extrême, ne supportent aucune critique et
n’hésitent pas à poursuivre en diffamation. Sachant ce que sont les
véritables enjeux de la prostitution et du système prostitutionnel,
n’hésitons pas à rétablir la vérité, dénoncer les manipulations
grossières et exercer une solidarité indéfectible envers leurs victimes.
En conclusion : La question de
l’abolition ou de la réglementation de la prostitution est affaire de
projet de société. Les arguments doivent pouvoir s’échanger avec respect
et sans intimidation aucune. Nous le savons, les enjeux véritables de
la prostitution sont inavouables, pour autant, il s’agit d’un débat
politique qui ne doit en aucun cas souffrir de méthodes inqualifiables.
Si les activistes réglementaristes ne trouvent aucun argument honnête et
n’ont rien d’autre que le mensonge, la calomnie, la manipulation et le
discrédit à nous opposer alors peut-être est-il temps pour eux
d’admettre que leur lutte est vaine. Seule une société abolitionniste de
la prostitution, dernière forme d’esclavage humain, est une société
humaniste, féministe et de progrès. Dans quelle société voulons-nous
vivre demain ?
Précision : NON je ne veux pas que les personnes prostituées soient contaminées !
Ça n’a pas tardé. Les activistes réglementaristes et
quelques uns de leurs alliés ont immédiatement fait la démonstration de
leur mauvaise foi à la lecture de cet article. Ils ont interprété,
dénaturé, manipulé la seule idée qu’ils pouvaient exploiter, fuyant
soigneusement tout le texte, incapables de démonter les arguments posés.
« … aussi ceux qui, au nom d’un principe de réalité,
distribuent des capote, certes pour éviter la contamination des
prostitué-e-s mais aussi des clients prostitueurs, et de facto
entretiennent et confortent le système prostitutionnel. »
Cette phrase n’est pas difficile à comprendre, mais puisqu’il le faut, je vais expliciter.
Cette phrase ne dit pas que les personnes
prostitué-e-s ne doivent pas avoir accès aux préservatifs ni autres
moyens de prévention et d’information, ni maintenant, ni même après
l’abolition de la prostitution bien sûr. J’ai moi-même suffisamment fait
de prévention pour en comprendre la nécessité vitale. Tiens j’aimerais
assez pour changer que le VIH-Sida ne soit d’ailleurs pas la seule
infection et maladie utilisée par les activistes réglementaristes pour
assoir leurs argumentations. Les questions de santé des personnes
prostitué-e-s sont majeures, prévention IST certes, mais aussi
prévention cancers féminins, addictions, suicide… Tout ce dont ils ne se
soucient jamais.
Cette phrase dit exactement que se contenter de
distribuer des capotes bien sûr est nécessaire pour les personnes
prostituées mais incontestablement sert aussi les intérêts du système
prostitueur, lui facilite le travail, l’entretien, le sert….
Qu’est-ce qui n’est pas clair dans cette évidence ?
Bien sûr c’est clair, mais quand on est habitué à
louvoyer et que l’on n’a pas d’autres argument que ceux qui relèvent de
la défense du patriarcat, ou de la défense des profits du crime organisé
des industries du sexe, légalisées ou non ; faut bien trouver un angle
d’attaque.
Ces procès en sorcellerie sont purement et
simplement une manœuvre manipulatoire qui ne trompe plus personne, sauf
ceux et celles pour lesquelles plus c’est gros et plus ça passe !

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